
Voici un article qui ne sera peut-être pas facile à lire, parce qu’il va toucher ce qui fait mal, souvent très mal : la perte.
Quand nous perdons un proche, un travail, un logement, de l’argent, un potentiel (par exemple une jambe cassée pour un danseur), c’est douloureux, voire très douloureux. C’est difficile à encaisser (j’y reviendrai).
Il y a peu de personnes qui ne souffrent pas d’une perte, même quelques secondes. Parce que c’est humain. Cela a, à mon sens, à voir avec la naissance, pendant laquelle nous perdons la chaleur (rassurance*) du giron maternel et « à cause » de laquelle nous avons tout à recommencer, y compris notre relation (primordiale) avec notre mère puisque nous ne sommes plus « elle », mais son enfant, un Être désormais extérieur à elle.
La perte comme un vide
La naissance est vraisemblablement notre première perte dans chaque incarnation. Et toutes les incarnations qui suivent nous ramènent sans doute à elle. Elles nous ramènent à ce moment où nous arrivons au grand jour, avec le froid tout autour de notre petit corps et des milliers de sensations nouvelles à appréhender. C’est, à mon humble avis, la même chose chaque fois que nous vivons une perte, quelle qu’elle soit.
Lors d’une perte, il y a comme un vide. Un peu comme lorsque nous pensons à l’avenir de façon inquiète : il y a un gouffre, un genre de tourbillon qui nous affole. C’est très surprenant parce qu’il y a des moments où ce vide nous inquiète plus qu’à d’autres, alors qu’il pourrait nous perturber à chaque seconde, puisque l’avenir est absolument imprévisible. Tout peut changer d’un moment à l’autre, en une fraction de seconde. Simple exemple, la mort. L’Être aimé est vivant et, la seconde après, il est mort, immobile. Comment allons-nous faire maintenant sans lui, sans elle ?
Cette question se pose à chaque perte. « Comment vais-je faire ? » Et nous suivons imparablement la même logique : nous allons de l’avant, puisque la vie ne va que dans ce sens. C’est justement à propos de ce pas en avant que j’ai envie de parler. Ce pas en avant représente, contrairement à ce que la peur nous fait immédiatement penser par réflexe, un « Gain » ou un « Bénéfice » à tous points de vue. Je ne parle pas seulement de l’aspect financier. Je parle de ces deux mots au propre comme au figuré, et au travers de la symbolique hermétique des Lettres qui les composent.
Le « Gain » et le « Bénéfice »
Le « Gain » nous parle de l’Involution (« G ») des Polarités originelles célestes (« A ») au travers de l’Inconscient (« i ») incarné (« N »). Et le « Bénéfice » nous parle de la Dualité (« B ») que nous sommes (« A ») qui s’exprime (les deux « E ») dans notre Incarnation (« N ») à partir de l’Âme que nous sommes (« F »). (Pour plus de détails sur ces deux mots, je vous invite à consulter la symbolique hermétique des Lettres dans le Livre de Référence de Jean-Christophe ou dans mon Manuel simplifié). En bref, chacun de ces mots ouvre à quelque chose de nouveau en fonction de qui nous sommes et du cours de notre évolution intérieure ; il n’y a aucune barrière dans ses mots et ils évoquent une part de nous-même qui prend forme et s’exprime autrement dans le Réel. Ces deux mots évoquent quelque chose de nouveau et d’évolutif…
Pour mieux saisir cette logique de transformation, je reviens au mot « Perte » qui, au travers de l’Hermétique de ses Lettres, nous parle de la Mentalisation (le fait de verbaliser, « P ») qui s’exprime (« E ») et se réalise (« R ») dans le Terrestre (« T ») exprimé (« E »). Cela me fait penser au dé à jouer dans le sens où, lorsque nous perdons au jeu, c’est notre part inconsciente qui dirige pour nous montrer ce qui est à « travailler ». Idem pour la perte : lâcher l’ancien (les vieilles pensées, l’ancienne « Mentalisation ») pour aller vers le nouveau, aussi déstabilisant cela puisse-t-il être…
Pour couronner le tout, la somme numérique de « Perte » est « 10 », et celles de « Gain » et « Bénéfique » sont respectivement de « 4 ». Voici ce que j’en pense : Le « 10 » représente le « Je », ou l’égo, au travers de la Conscience céleste (« 1 ») unie au Principe Féminin du Tout (« 0 »). Notre égo nous fait vivre une « Perte » qui représente en fait un Tout, je dirais « un Tout assimilé » qui n’a plus à être travaillé (puisque le travail est bouclé), permettant de redémarrer sur d’autres bases, en l’occurrence celle du « 4 », Vibration initiale de la Matière. Le « 4 » précède le « 5 » pour permettre d’incarner autre chose dans un autre cycle de compréhension et d’action, ce fameux « avenir » à propos duquel nous avons si souvent peur (voir à ce propos mes articles, un, deux, trois et mon livre sur la peur).
Identifier le point de bascule de la perte au bénéfice
À bien y regarder, quelle drôle d’idée d’avoir peur d’une perte puisqu’elle amène toujours un gain ou un bénéfice ! Une fois encore, je sais, il est très facile de théoriser là-dessus. Je vous invite cependant, malgré l’éventuel énervement que vous pourriez avoir à me lire ici, à repasser toutes vos « pertes » et à identifier les moments de bascule où vous avez fait un pas de plus, où vous avez grandi… pour arriver à la personne que vous êtes aujourd’hui.
Cela m’est arrivé, comme à tous, et encore très récemment : il me faut comprendre pourquoi telle perte me pousse non seulement vers l’avant, mais surtout vers une autre compréhension de mon parcours existentiel. Je peux ainsi continuer à vivre avec une Conscience différente qui me place face à mes responsabilités vis-à-vis de tout le Vivant, et pas seulement moi-même…
La perte est difficile à « encaisser », certes, mais nous « encaissons » : petit clin d’œil en lien avec les mots « Gain » et « Bénéfice »…
*Le mot « rassurance » n’est pas dans le dictionnaire, je l’ai inventé (ou je crois l’avoir inventé)…
Illustration : Cécile Edrei et Mabel Amber Pixabay (pie) – De la perte au bénéfice…

