Les coulisses de l’écriture

Ce qui se passe avant d’écrire
# Quand une idée a du mal à prendre forme
Nous avons souvent une relation « dure » avec les idées. Nous voudrions qu’elles arrivent clairement au moment où nous souhaitons écrire, comme si elles devaient s’aligner sur notre emploi du temps.
Sauf que c’est impossible. Nous nous en apercevons lorsque nous restons démunis devant notre feuille, sans inspiration véritable.
Pourquoi ne pas changer de point de vue sur nos idées ?
Puisque tout ce qui nous arrive dans notre vie consciente provient obligatoirement de l’Inconscient, c’est-à-dire d’un espace imprévisible, pourquoi ne pas décider d’accueillir ce qui nous semble inaccessible ?
C’est beaucoup plus facile ainsi. L’incipit ou la phrase clef d’un texte arriveront lorsqu’ils seront prêts. Ils apparaîtront alors de façon évidente et la situation s’inversera : nous ne pourrons plus y échapper.
Là, il s’agira de prendre note, puis d’y revenir le plus rapidement possible, car tout le monde sait qu’il est bon de battre le fer quand il est chaud.
C’est si simple… Comme je l’ai déjà écrit quelque part : « Rien n’est jamais forcé dans la Nature. » Alors, ne forçons rien nous non plus.
Demandons-nous plutôt :
> Et si cette pensée, cette idée, n’était pas absente, mais simplement en train de chercher sa forme ?
Éclairage Langage des Oiseaux
De la même façon que nos pensées sont composées de mots, nous sommes la texture de nos mots… → https://www.editions-cecileedrei.fr/2025/05/26/nous-sommes-la-texture-de-nos-mots/
# D’où viennent nos envies d’écrire ?
Le plus souvent, en tout cas dans le contexte d’une « écriture pour soi », nos envies d’écrire viennent tout simplement de nous : de nos tripes, de notre cœur, de la volonté de l’Âme que nous sommes chacun (nous n’avons pas d’Âme, nous sommes Âme) d’exprimer quelque chose.
C’est plus fort que nous, « ça » a envie, besoin, de sortir. Mais pourquoi ?
C’est comme une envie subite de piquer un sprint ou de téléphoner à un Untel pour lui raconter ceci ou cela. C’est un besoin d’expression puissant. Ok, mais à quoi correspond-il ?
Très basiquement au fait de vouloir exposer pour clarifier et même réfléchir encore plus au sujet qui nous trotte dans la tête. Ce triple mouvement est le plus souvent inconscient, tout comme l’écriture elle-même, du reste. Au passage, « exposer, clarifier et réfléchir » représente une Trinité, comme en Hermétique, où 1 + 2 = 3, tels les Principes Masculin et Féminin qui engendrent une Création, un enfant… Alors lorsque cette envie, cette « démangeaison » nous vient, au lieu de nous interroger sur la pertinence du sujet ou sur le moment d’écriture, demandons-nous plutôt :
Quel est mon besoin profond de coucher ceci sur le papier ? Pour quoi et pour qui ? À quoi cela peut-il donner naissance ?
Éclairage Langage des Oiseaux
En décomposant le mot « En – Vie », le langage des Oiseaux nous montre qu’il exprime le fait d’être justement « en vie ». Et répondre à une envie, c’est faire un pas → https://www.editions-cecileedrei.fr/2026/03/02/un-pas-apres-lautre-et-langage-des-oiseaux/
# L’art d’attendre le premier mot
Nous avons souvent une relation impatiente ou timide avec les premiers mots. Nous voudrions qu’ils soient là immédiatement, de façon très sûre, comme si écrire consistait juste à ouvrir une porte pour aller dans une pièce que nous connaissons.
Mais les choses ne fonctionnent pas ainsi. Nous le découvrons ou le « subissons » lorsque nous nous installons devant une page ou un écran et que rien ne vient. Nous cherchons, nous hésitons, nous recommençons et nous désespérons…
Pourquoi ne pas « attendre » autrement ?
Puisque les mots importants ne viennent pas toujours de notre volonté consciente, pourquoi ne pas laisser au « rien », au vide, le temps de faire son travail ?
C’est parfois dans ce vide que le premier mot se prépare. Que la phrase clef peut apparaître soudainement et donner naissance à la suite. Alors, la page qui semblait vide se remplit de nous et nous vibrons de nous-mêmes…
Là, il s’agit alors de suivre le mouvement, sans chercher à savoir où il nous conduira. Inutile. Improductif. C’est si simple.
Au lieu de mouliner et de désespérer, demandons-nous plutôt :
Et si le vide qui précède le déclic faisait déjà partie de l’écriture ?
Éclairage Langage des Oiseaux
L’écriture correspond à ce qui « déborde » en nous et je remarque qu’elle est d’autant plus difficile quand il fait très chaud… → https://www.editions-cecileedrei.fr/2026/06/29/cest-ce-qui-est-en-nous-qui-deborde-la-canicule/
# Quand nos lectures préparent notre écriture…
Nous pensons parfois que l’écriture commence lorsque nous prenons un stylo ou ouvrons un document vierge. Pourtant, quelque chose se passe bien avant, dans l’Inconscient, souvent sans que nous en ayons conscience.
Par exemple, lorsque nous lisons. En effet, chaque lecture laisse une trace en nous. Une phrase nous émeut, une idée nous surprend, un point de vue nous agace ou nous enthousiasme, une atmosphère nous pénètre et reste en nous… Et lorsque nous refermons le livre, quelque chose continue de circuler et travailler en nous.
Nous pouvons avoir l’impression de ne rien avoir trouvé, de ne pas avoir d’idée particulière, mais les émotions rencontrées et leurs mots se sont déposés quelque part en nous. Ils nourrissent notre réflexion, élargissent notre regard et peuvent, peu à peu, faire naître l’envie d’écrire. Tout ceci, encore une fois, inconsciemment, car l’Inconscient est puissant…
Lire, c’est « prendre », mais c’est aussi naviguer dans les réflexions et les ressentis. C’est une façon d’affiner nos sensations et notre esprit. C’est apprendre à regarder autrement, à mettre les idées en relation, à découvrir de nouvelles façons de penser et, plus loin, de nouvelles façons de dire.
Alors, au lieu de chercher désespérément l’inspiration avant d’écrire, laissons entrer quelques mots par hasard (qui n’existe du reste pas) et demandons-nous plutôt :
Et si chaque lecture était une petite rivière qui viendrait alimenter le cours de mon écriture ?
Éclairage Langage des Oiseaux
Puisque j’affirme que le hasard n’existe pas, en voici une explication au travers de ce petit article, « Il n’y a pas de hasard, mais un destin à jouer », dans lequel j’explique ce mot grâce au langage des Oiseaux et l’hermétique qui en découle →
https://www.editions-cecileedrei.fr/2024/07/01/il-ny-a-pas-de-hasard-mais-un-destin-a-jouer/
# Les souvenirs qui attendent leur moment
C’est étrange comme parfois nous voudrions retrouver nos souvenirs, y revenir précisément pour tout écrire et tout comprendre. Mais voilà… l’Inconscient en décide autrement. Nous ne maîtrisons pas tout, voire pas grand-chose. Notre mémoire n’est pas une bibliothèque bien rangée dont nous connaissons le classement. Non, il me semble qu’elle est plutôt un espace de vibrations indomptables…
Ça, c’est quelque chose que nous comprenons lorsqu’un souvenir nous échappe, lorsqu’un détail se volatilise, qu’un visage nous revient sans nom ou qu’une scène semble si loin qu’elle restera inatteignable. En bref, lorsque la Volonté même de faire jaillir un souvenir n’y fait rien. Et nous pensons qu’il est grave d’avoir perdu ces souvenirs ; justement ceux-là…
Pause. Retour. Pourquoi ne pas changer de façon de penser à propos de nos souvenirs ? Pourquoi ne pas accepter qu’un souvenir puisse attendre autre chose que notre Volonté pour refaire surface ?
En effet, il arrive qu’un parfum, une intonation, une lumière ou quelques mots fassent surgir une scène oubliée depuis des années. Et, parfois, ce qui revient n’est pas tant le souvenir lui-même que la sensation et la compréhension nouvelle que nous pouvons en avoir aujourd’hui. Et là, nous pouvons écrire…
D’une certaine façon, le passé ne change pas, mais notre regard sur lui, oui. Une scène qui jaillit sans prévenir peut devenir une clef de compréhension parce que notre Conscience a évolué entre le moment vécu et le souvenir émergent.
Si certaines images et sensations ne reviennent pas, ou pas aujourd’hui, c’est qu’elles ne sont plus nécessaires, ou du moins, pas maintenant. Alors, au lieu de fouiller et de forcer notre mémoire, lâchons du leste. Demandons-nous plutôt :
Et si mes souvenirs revenaient seulement lorsque j’en ai besoin ?
Éclairage Langage des Oiseaux
Laisser venir les souvenirs à leur rythme, c’est aussi adopter l’esprit de cet article « Le levain ou l’art de laisser la place à l’Inconscient » → https://www.editions-cecileedrei.fr/2026/09/13/le-levain-ou-lart-de-laisser-la-place-a-linconscient/
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