
Pourquoi ai-je toujours aimé le silence ? C’est une question que je me suis posée un soir, allongée dans le noir, à me dire : « Mais que c’est bon après cette journée de travail… » Alors que ladite journée s’était déroulée chez moi, où j’étais seule, sans coup de fil ni visite, sans musique ni bruits extérieurs, dans le plus grand silence… J’ai tout de même eu cette sensation de rentrer dans le silence en me reposant avant la nuit.
J’ai compris à ce moment-là que le silence n’est pas seulement l’absence de son ni de ce que nous qualifions aussi de « Bruit » lorsque cela devient désagréable pour nous.
Le silence, en tout cas pour moi, et sans même penser au mot lui-même, est une résonnance personnelle qui se met en relation spontanée avec la résonnance universelle. Le silence me semble être plus une « captation de vibration paisible » qu’un espace sans son. Il me semble riche de possibilités et c’est ce que je vais expliquer maintenant…
Une interprétation personnelle du mot « Silence »
Le silence est le « Sil – En – Ce ». Basiquement, à la volée, je dirais, il est l’hypothèse (« Si » ou « S’il ») que nous puissions être dans ( « En » = « Dedans ») notre intériorité pour créer à travers notre propre expression (« CE »). Il est donc un Espace-Temps dans lequel nous nous retrouvons pour nous recentrer et, de ce recentrage surgira une création, quelle qu’elle soit, puisque le fait de laisser reposer la vase permet au nénuphar de fleurir… C’est la même chose ici et ceci explique sans doute pourquoi nous prenons tant de plaisir à être seul et en silence : pour être tranquille et pouvoir puiser en nous sans parasitage.
Le silence est insupportable pour certains
Bien sûr, certains me diront que le silence est insupportable et invivable. N’est-ce pas parce qu’ils n’ont pas encore compris son essence, sa nécessité ? Peut-être le redoutent-ils parce qu’il les met face à eux-mêmes, là où le bruit leur permet facilement de détourner le regard de leur propre intériorité.
Pourtant, à bien y « regarder », le silence n’est pas un vide : il est un espace libre et fertile où les nœuds peuvent se disloquer et où les fils peuvent dessiner, sur notre trame personnelle, d’autres motifs, plus nets et plus colorés. Point n’est besoin de vouloir remplir le vide à tout prix parce qu’il en fait un allié discret qui nous oblige à nous arrêter et à écouter ce que notre Être cherche à nous dire.
La définition hermétique du mot « Silence »
À travers l’hermétique des Lettres de ce mot, « Silence » nous parle du Soi inconscient de l’Âme (« Si »), du Féminin terrestre de la Conscience mentale créateur de la Réalité (le « L », équerre des Bâtisseurs), de l’Incarnation de l’Expression du Verbe dans la Conscience mentale (« En ») et de la Conscience mentale (« Ce ») qui exprime ce Verbe. Cette définition que Jean-Christophe a mise au jour (et qui se retrouve dans son Dictionnaire du langage des Oiseaux en cours de rédaction) nous invite à voir le « Silence » comme une union d’Amour qui s’écrit à travers nous (notre Conscience mentale), capable de manifester toute chose dans la Conscience mentale de la Réalité (la méditation en est un exemple. Ceci revient bien à ce que je ressens et que l’Hermétique dévoile. Notre Conscience mentale), à l’issue de nos moments de silence, entre dans une phase de Création.
La source infinie de tout ce qui est manifesté
Le silence est donc, à mon sens, tout comme dans sa définition réelle, une source infinie de Création, la source infinie de tout ce qui est manifesté par nos Consciences.
Et si ce mot existe, c’est qu’il y a nécessité, existentielle et universelle, à ce que des temps de silence soient régulièrement respectés dans nos vies, tant d’un point de vue individuel que collectif du reste.
Malheureusement, cette compréhension se perd depuis plusieurs décennies avec l’arrivée des enceintes portables, des réseaux, de l’idée qu’il faut « profiter » jour et nuit et faire la fête… Elle me semble correspondre, encore une fois, à la volonté de nos marionnettistes mondiaux, de tout faire pour nous empêcher de réfléchir et d’agir de façon autonome et censée.
Alors, prenons le temps de réfléchir à ce mot, « Silence », d’y voir, non un vide et une perte de matière, mais une ouverture vers d’infinies possibilités d’évolution humaine. Suivons le silence…
Illustration : Cécile Edrei pour le fond, Pixabay Mabel pour la pie – Le mot « Silence » en langage des Oiseaux…


