
La Souffrance en langage des Oiseaux
Nous vivons actuellement dans un monde où la souffrance se répand de plus en plus, quels que soient les classes sociales et les pays. Je n’ai jamais entendu parler d’un pays dans lequel personne ne la ressent, cette fameuse souffrance qui, proche de l’émotion, mène le monde, en fin de compte…
Comprendre la teneur du mot « Souffrance »
En langage des Oiseaux, et donc du point de vue de la sonorité de ce mot, lorsque nous prononçons « Souffrance », nous entendons « Soufre – En – Ce ».
Parlons donc du soufre. Il est un élément chimique qui brûle facilement, utilisé pour fabriquer des allumettes, des poudres explosives, des feux d’artifice… Quand il s’enflamme, il produit une flamme bleuâtre (comme autour de certains volcans, tel l’Etna), une odeur forte et piquante, de la chaleur et des fumées irritantes. Cette combustion étrange fascine les humains depuis des siècles ; c’est pourquoi, entre autres, le soufre est souvent associé aux enfers, aux forces souterraines, aux transformations violentes. Sa puissance de feu lui confère une qualité de transformation presque magique que les alchimistes opératifs aiment à conjuguer pour créer du spectaculaire, dont l’humain est, au passage, très friand…
La symbolique du soufre est ainsi liée au feu (intérieur et extérieur), à la passion, à une énergie transformatrice. Il est indéniablement lié à l’Âme (ardente, le plus souvent), ce qui se confirme à travers le « F » central du mot, Lettre qui représente l’Âme dans sa symbolique hermétique.
La « Souffrance » est ce qui « Soufre – En », qui brûle à l’intérieur, qui fait mal, mais qui se transformera ; le temps et la réflexion y pourvoiront. Pour que quelque chose puisse brûler, il faut de la « matière », même au sens figuré. Et la « matière » qui brûle en nous n’est autre que nos pensées : « Ceci ne me correspond pas ; Untel m’agace ; C’est trop, ou insuffisant, pour moi ; J’en veux absolument ; Je n’en veux plus du tout ; Il me faut ceci et cela ; etc. » Toutes ces pensées tournent et s’agglutinent autour d’elles-mêmes en créant des nœuds, des attaches, dont nous croyons ne pas être capables de nous défaire, alors nous nous y accrochons sans même trop comprendre pourquoi…
La « Souffrance » est ce qui « Soufre – En – Ce », la syllabe « Ce » nous parlant ici de la Création (« C ») exprimée (« E »), pour ainsi dire notre Conscience. C’est ce qui nous permet de pouvoir identifier la souffrance lorsque nous sommes décidés à le faire.
La souffrance naît de l’attachement
Ces pensées, ces attaches, sont des boulets immatériels qui nous figent. D’autres attaches nous rendent également monolithiques : toutes les choses matérielles « indispensables », tout particulièrement dans nos sociétés mercantiles. « Il me faut avoir… » est la petite phrase qui crée des attaches qui deviendront un véritable béton armé (lequel empêchera la libre circulation des pensées, provoquera des blocages et des maux divers).
Qui a vu que l’excès de possessions matérielles rend très heureux ? Avez-vous percé les regards des personnes riches et soi-disant comblées (villas, voitures, entreprises, capital, fans…) ? Avez-vous étudié leurs attitudes, leurs postures… ? Observez-les attentivement, demandez-vous pourquoi toujours plus… L’idée n’est pas ici de critiquer négativement, car chacun a son chemin à parcourir, mais de se rendre compte que plus nous sommes attachés à des pensées, des personnes ou à la matérialité, plus nous creusons un vide en nous. Les regards de ces personnes reflètent une quête inassouvie parce qu’elles cherchent en dehors d’elles-mêmes…
C’est à chacun de nous de se regarder droit dans les yeux pour voir et ressentir la profondeur de l’Être que nous sommes. Les miroirs servent à refléter qui nous sommes : ne leur posons pas la question de la beauté, mais celle de la richesse intérieure… Par effet de comparaison, comprenons dans quel excès nous sommes susceptibles d’être et changeons de voie.
Le « monde en souffrance », tel qu’il est en ce moment, ne pourra se transformer qu’à partir du moment où chacun aura transformé en lui ce soufre. Comme chaque fois, il y a un effort (mot de l’Âme…) à fournir, celui d’apprendre à se nourrir soi-même de ce que la Vie nous offre, en premiers lieux la Nature et l’Amour, l’Amour et la Nature. Ce sont nos « constituants » originels, cultivons-les, au sens noble, en prenant le temps d’accorder librement nos aspirations profondes avec l’Âme que nous sommes…
Illustration : Pixabay Mabel pour la pie et Mixe pour le fond : La Souffrance en langage des Oiseaux


