
Depuis plusieurs années, je m’aperçois qu’il devient très difficile de vivre dans des lieux silencieux, ou, du moins, dans des lieux où le « silence de la Nature » prime sur le « bruit humain ».
Qu’est-ce que le « Bruit » en langage courant ?
En langage courant, le « Bruit » désigne un son désagréable, parasite, qui empêche de réfléchir et d’être au calme. Le bruit pollue l’espace personnel intime et l’environnement collectif. Ceci est très connu, mais de plus en plus souvent ignoré dans nos sociétés dites « de communication ». Il s’agit d’être cool et d’accepter… (sic).
Deux constats personnels à propos du bruit
Je constate, et ceci n’engage que moi, que l’homme fait du Bruit partout où il passe et quel que soit le moment de la journée, même en pleine campagne, sur une plage, en montagne à 1 200 mètres d’altitude, etc., sans parler des lieux de recueillement, des musées, bibliothèques et autres endroits où l’espace du silence n’est pas (plus) respecté.
Je constate aussi que le bruit n’est pas seulement sonore. Il est aussi ce « petit quelque chose » qui ne nous lâche pas et nous envahit quasiment jour et nuit : la vibration permanente de nos médias, que ce soit sur des affiches, nos téléphones, nos radios, nos télévisions et nos ordinateurs. Toutes ces images qui défilent sans arrêt devant nos yeux ou qui sont sans cesse à disposition sont aussi des bruits en cela qu’ils deviennent, par effet de saturation, des parasites qui grignotent notre silence intérieur.
Qu’est-ce que le « Bruit » en langage des Oiseaux ?
C’est le « Br – Huit », où, comme est en train de l’écrire Jean-Christophe dans le manuscrit de son Dictionnaire du langage des Oiseaux,« Br » est le phonème caractéristique de la Vibration et de la Manifestation de la Vie (le Bruit qui est le contraire du silence et de l’absence de Vie) et où « Huit » est le Nombre symbolique de l’Analogie Inconscient-Conscient (les métaphores du quotidien que nous avons à comprendre pour grandir).
Voici qui fait réfléchir sur l’état de nos sociétés dites « modernes ». À mon sens, plus l’humain est perdu, plus il a besoin de faire du bruit pour se prouver à lui-même qu’il est non seulement vivant (« Br », la Dualité réalisée), mais aussi qu’il est heureux, ce qui sous-entendrait qu’il a tout compris de la Vie (« Huit »), en tout cas de la sienne. (Celui qui fait du bruit se sent supérieur aux autres, c’est très souvent le cas.)
Et l’homme, en ce moment de notre évolution, se sent perdu, bien plus qu’il n’ose se l’avouer à lui-même (j’en suis aussi), et d’autant plus qu’il entre dans le bruit permanent et s’en laisse envahir. Une fois encore, remarquons que nos marionnettistes mondiaux connaissent si bien l’humain qu’ils ont la capacité de nous mettre sur des rails qui peuvent, si nous n’y prenons garde, nous mener à de nouveaux types de camps dans lesquels nous serons tous enfermés. Nous sommes aux portes (certaines ont déjà été franchies).
Comme le dit le personnage de Topaze dans le film éponyme (1951) à propos des proverbes du type « l’argent ne fait pas le bonheur » : « Ils ne servent qu’à lancer la foule sur une fausse piste pendant que les malins se partagent la proie. » Cette citation s’applique aussi aux bruits qui nous lancent sur la fausse piste du bonheur pendant que les malins nous endorment et partagent le fruit de notre travail. Il semblerait que cette réflexion, qualifiée de « complotiste » par certains, ne date donc pas d’hier…
Une fois encore, je n’ai pas besoin d’en dire plus.
L’homme qui se sent réellement heureux n’a pas besoin de faire tourner son moteur à fond ni d’écouter du « son » très fort pour se prouver que tout va bien sans se préoccuper du bien-être des autres. Il vit naturellement pour lui, tout en étant attentifs aux autres, sans exagérer ses « bruits de vie » et, de surcroît, le plus souvent, il écoute le fameux « silence de la Nature ».
Je vous propose de réfléchir à tout ceci dans l’espoir de me dire qu’il nous est sûrement possible de fabriquer des moteurs moins bruyants, d’écouter de la musique sans en faire profiter un quartier tout entier et de vivre en se détachant de l’influence des médias et des réseaux sociaux.
Cette proposition, aussi ringarde puisse-t-elle paraître aux jeunes Âmes, va dans le sens de la Vie. Comprenons et intégrons que réduire le bruit ouvre nos espaces de réflexion et multiplie ainsi nos opportunités de vivre dans la Joie, c’est-à-dire dans la compréhension de ce qui advient et de ce que nous faisons ensemble sur cette terre…
Comme le montre le graphisme du « H » initial du mot « Huit », tout est dans l’équilibre entre l’Inconscient et le Conscient : regardez cette petite barre horizontale tracée au milieu des verticales, et qui profite ainsi, sans se priver, des deux polarités dans un équilibre parfait…
Illustration : Cécile Edrei pour le fond, Pixabay Mabel pour la pie : Le « Bruit » en langage des Oiseaux

