
La plupart d’entre nous ne travaille qu’à moitié et c’est pour cela, à mon sens, que de nombreuses choses partent en vrille en ce monde.
Lorsque je vous parle de « Travail », je ne vous parle pas seulement de cet outil de torture, évoqué par les dictionnaires classiques et surtout l’Inconscient collectif, qui nous sert à gagner notre vie. Cet outil, donc considéré comme « de torture » (son étymologie la plus citée est le mot latin tripalium, signifiant « instrument de torture à trois pieds »), nous sert à activer notre intelligence et toutes nos capacités pour échanger nos activités quotidiennes contre de l’argent. Lequel argent nous permet d’acquérir des biens nécessaires pour vivre.
À force de se convaincre que le travail est une torture et qu’il ne sert qu’à gagner de l’argent (qui a lui aussi mauvaise réputation, alors qu’en langage des Oiseaux, il est « l’art des gens »), et à force de se laisser prendre dans le flux rapide de nos outils de communication modernes, nous oublions de prendre le temps et nous en perdons notre humanité. Nous bloquons l’afflux de sève qui est en nous et fermons ainsi les portes existentielles de notre vie.
Un « Travail » fait à moitié est un « Travail » à moitié réfléchi
Je constate de plus en plus que mes échanges avec autrui, et surtout les échanges professionnels, se réduisent à des « conversations » pendant lesquelles je ressens une tension de stress chez l’autre qui pense qu’il faut faire vite, que ce soit par écrit ou à l’oral. Je ressens que je suis uniquement là pour permettre à mon interlocuteur de remplir ses poches de billets, et qu’il lui faut pour cela tenter de souffrir le moins possible, donc de faire vite afin de se protéger d’une éventuelle intrusion. Je constate ceci, que je sois demandeuse ou demandée, et dans tous les domaines de compétences. Cela représente un bon 80 % de mes échanges.
Sauf qu’en allant vite, les choses ne sont pas suffisamment réfléchies et nous avons non seulement la sensation d’un Travail à moitié accompli, mais en plus, il nous faudra y revenir et donc y consacrer encore plus de temps. L’effet boomerang qui peut être assez douloureux…
Et lorsque j’en parle autour de moi, le ressenti est le même, avec une colère en plus parfois. Alors que faisons-nous ? Que faisons-nous entre nous ? Nous sommes en train de considérer comme normal de nous maltraiter (la plupart du temps par de toutes petites vexations invisibles qui durent une milliseconde : un téléphone raccroché très vite, un mensonge par omission, une question laissée sans réponse, un dos tourné…) et de nous ignorer les uns les autres, et de ne plus être attentifs ni serviables les uns vis-à-vis des autres. Parce que notre définition du mot « Travail » est erronée. Nous avons la croyance que ce mot, qui dirige notre vie, est synonyme de calvaire et d’impuissance.
Beaucoup de choses partent en vrille dans le monde en ce moment. Beaucoup. Et des choses qui nous compliquent la vie en l’enserrant dans un carcan de soumission. Nous sommes en train d’étouffer notre humanité. N’est-il donc pas Temps de revoir notre compréhension de ce qu’est le « Travail » ?
Au passage, le mot « Temps » nous parle de ce qui se passe simultanément dans l’Inconscient et le Conscient (c’est pour cela qu’il porte la marque du pluriel, le « S »), cette double Réalité dans laquelle nous vivons et qu’il serait bon de prendre réellement en compte dans la construction de nos jours…
Le « Travail » est une manifestation de l’Amour universel
Revenons au Travail. Je ne cherche pas à nous démoraliser, mais au contraire à montrer que le Travail est quelque chose d’aussi nécessaire que beau, de grand aussi : un formidable outil qui nous sert à ouvrir toutes les portes… et qu’en modifiant notre vision, en entrant dans un nouveau paradigme du Réel, nous pouvons inverser la vapeur.
Voyons : en langage des Oiseaux, traducteur de l’Inconscient et donc de tout ce qui existe par le fait d’être nommé, le « Tr- A – V – Ail » signifie que « dans la Trinité réalisée (« Tr »), le Terrestre donc, les Opposés originels célestes (« A », chacun de nous, Être incarné) vers l’Union d’Amour (« V ») vont (« Aille » pour dire « Aillent », du verbe « Aller ») ». Le « Travail » est donc une manifestation de l’Amour dans la rencontre des Opposés qu’il symbolise : notre Mental face à la Matière.
Tout Travail, manuel ou intellectuel, du plus « petit » au plus « grand », frotter le sol ou diriger une entreprise, est donc une rencontre entre notre partie Esprit et la Matière. C’est une expérimentation nécessaire à notre évolution de Conscience. Et, quoi que nous en pensions, nous travaillons tous les jours et à chaque seconde. C’est absolument inévitable.
Comprenons que le Travail, qui est la source de nos ressources, au propre comme au figuré, ne représente pas uniquement un moyen d’obtenir de l’argent. Il est aussi et surtout une manifestation de l’Amour qui nous permet d’expérimenter en simultané notre part spirituelle et notre part physique.
Tous les Êtres vivants de la planète travaillent. Aménager et entretenir son intérieur est un Travail, prendre soin de soi est un Travail, prendre le temps de considérer l’autre et de l’écouter est un Travail, « être », tout simplement, est un Travail… Tout est Travail, car tout est Analogie, tout est Expérimentation, Compréhension, Évolution.
Il est vraiment temps de comprendre ceci et de comprendre tout particulièrement qu’un Travail bien fait ne peut pas l’être s’il est exécuté trop rapidement et donc à moitié. Prenons le temps de travailler sur chaque chose en ressentant que nous avons fait le maximum et que le Travail réalisé est plein et entier. Ne serait-ce que dans nos relations avec les autres, prenons le temps d’être entier, même si cela « mange » sur notre planning. La sensation d’intégrité et d’entièreté qui en ressortira nous nourrira bien plus qu’une sensation de satiété non satisfaite. Le bien-être et l’épanouissement universels qui en découleront seront plénifiants.
Prendre le temps de travailler pour et en soi
Je vous invite donc à réfléchir sur cette notion de « Travail » et à prendre le temps de réaliser pleinement chaque chose. Prendre le temps est également une façon d’aiguiser nos sens, de développer notre intuition (sans effort) et de mieux comprendre naturellement ce que nous vivons. Prendre le temps, c’est retrouver notre humanité et, si nous le faisons au niveau individuel, l’Inconscient collectif en sera transformé…
Voilà… j’ai terminé cette part de mon Travail, c’est-à-dire la rédaction et l’illustration de cet article. Une heure et demie, sans gagner un centime, certes, mais en ayant cette sensation de plénitude d’avoir communiqué avec cœur et intelligence. Cela me rend heureuse et m’a ouvert à d’autres réflexions qui enrichiront mes prochains jours…
Photo – C. Edrei et Pixabay (G. Altmann) – La plupart d’entre nous ne travaille qu’à moitié

